Frank Nelson

Bassistes, musiciens, luthiers ......
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Mr.LeBelge
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Message par Mr.LeBelge » 26 juin 2007, 23:51

ahah... j'ai hate...

je l'ai vu ce soir même avec le trio NEB et c vraiment un bassiste exceptionnel doublé d'un gars hyper sympa 8)

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alain
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Message par alain » 09 juil. 2007, 23:00

Bien cool l'interwiew.Ca me conforte dans ma demarche perso notamment vis a vis du solfege, et de l'aspect plaisir que l'on doit toujours garder à l'esprit. :lol:

JAYSEE99
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Message par JAYSEE99 » 10 juil. 2007, 11:15

Superbe interview :D
En plus d'être un grooveur hors pair, Franck est d'une gentillesse sans égal!!!!
Merci Bruno :D
Que la basse ne soit plus un instrument...mais une musique dans votre coeur
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Message par madogs » 11 juil. 2007, 10:48

c'est tjrs très intéressant à lire... merci beaucoup.
"le talent c'est d'avoir envie de faire quelque chose, tout le restant, c'est de la sueur." Brel

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Message par Timon » 12 juil. 2007, 21:43

Oui, je plussoie, bonne interview ! Et le bonhomme est en effet très sympathique. Je me souviens d'une rencontre Bassfusion à laquelle il était venu. Personne ne l'avait reconnu. Il s'etait bien gardé de se présenter. Du coup, il y avait eu du grand boeuf décomplexé. Très bon souvenir :D

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Message par khan » 13 juil. 2007, 12:06

Il a l'air d'un garçon adorable en effet.

Son interwiew en donne la preuve. :wink:

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Message par Philippe B » 13 juil. 2007, 18:36

:D super Frank
a bientot
Philippe B

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Message par Mr.LeBelge » 18 juil. 2007, 16:44

Héhé... super l'interview....
va falloir que je lui dise qu'a chaque fois que j'lai vu en live c'était mon Me Shell N'Degeocello :lol:

Trop fort l'artiste :wink:

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Message par Mr.LeBelge » 12 déc. 2007, 21:34

Avec l'arrivée de Frank sur le Forum, je voulais relire son interview...

Mais je la trouve pas... :shock:
Elle est où??? :?

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Thomas
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Message par Thomas » 12 déc. 2007, 22:13

J'ai regardé sur le site de Bruno mais je ne l'ai pas trouvé, il faudrait lui demander où il l'a mise ?! :roll:

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Message par Bruno Chaza » 13 déc. 2007, 10:46

Un plaisir de partager avec Frank Nelson
....Voilà l'échange de ce moment passé avec Frank.
Bruno Chaza

Actualité
Ø Bonjour Frank, pourrais-tu nous parler de ton actualité et de tes projets
Je dois dire qu’elle est assez fournie en ce moment. Outre mes deux projets personnels (Ashran et Trio Neb), j’accompagne un grand nombre d’ « artistes du Monde » dans des styles très variés.
L’Afrique, tout d’abord, avec Côrô OUATT, ancien percu de Tiken Jah FAKOLY et d’Alpha BLONDY . Il propose une musique entre le reggae et le Yagba, qui vient du nord de la Côte d’Ivoire.
AFROROK ensuite. Fondé et dirigé par J.Paul MELINDJI que j’ai rencontré lorsque je jouais avec Tiken. Sa musique est explosive : guitares saturées, rythmes afro qui tendent vers le rock et rythmes Baoulé (centre de la Côte d’Ivoire), Malinké (Nord) et les percus du sud du pays.
Les FRERES DE LA RUE, eux, proposent un reggae ivoirien dans la pure tradition d’Alpha Blondy avec, en plus, les percus ivoiriennes, balafon…
Et pour finir avec l’Afrique, MODESTE, un Togolais vivant à Paris qui, lui, propose une musique assez festive où les textes revêtent un côté un peu plus « militant » que les formations nommées plus haut.

On quitte l’Afrique pour se balader entre la France et L’Angleterre avec JACK’S DE L’OR. Groupe de rock anglais, dans la pure tradition « stonienne », il est fondé et dirigé par Nick BUXTON.

On revient en France, la France de la gouaille avec LE CHIEN D’EN FACE. Rencontré alors que j’enregistrais les basses pour leur 2ème album, j’ai de suite été séduit par la musicalité, l’humour et le sens de la fête qui se dégagent de cette formation. Violoncelle, clarinette, piano, guitares acoustiques, percus et basse composent Le Chien

Mes projets, à présent. ASHRAN, tout d’abord, que j’ai fondé en 1993 avec Stéphane Waltzer. Au début, le groupe était ambitieux dans sa composition : section de cuivres, 2 chanteuses, percus, etc…
Aujourd’hui, je suis revenu à une forme plus sobre : 2 Mc’s ont remplacé le chant lead (Bout & Mano) et les chœurs ont la part belle également. La direction tend vers un hip hop funk tendance Slapbak

Le TRIO NEB n’était qu’un duo au départ et très vite, Philippe BLIN est venu compléter ce duo pour former le trio Neb.
Un cd est prêt, il n’y a plus qu’à… ! Une mini-tournée en Finlande est programmée pour cet été à l’occasion du Helsingin Juhlaviikot Festival. Ce trio, c’est un peu notre « bébé » ! Juhan ECARE (guitare), Philiippe BLIN (flûte, ewi) et moi-même jouons régulièrement ensemble depuis une quinzaine d’années et c’est tout naturellement que ce trio s’est constitué.

Ø Est-ce que tu écoutes encore maintenant des musiciens qui te donnent de l’énergie pour jouer, peux-tu en parler ?
En fait, aujourd’hui, je réagis davantage à l’ensemble qu’à l’individu. Je bénéficie de l’apport de chacun des musiciens dans tous mes projets. Ce sont eux ma principale source d’énergie !
Outre cela, j’écoute beaucoup de choses mais en ce moment, je bloque sur Slapbak, hip hop funk californien, d’influence P.Funk. Ca rejoint tout à fait la nouvelle orientation de mon groupe de funk ASHRAN.

Ø Quelle musique écoutes-tu en ce moment ?
Classique, le matin au lever surtout, un peu de funk hip hop (Slapbak et WC and the mad circle) et plein d’autres choses. Ca dépend tellement de l’humeur du moment !

Ø Avec le recul sur ton parcours quels ont été les musiciens qui t’ont réellement influencé, ceux que tu aurais aimé rencontrer ?
Bizarrement, ce sont 3 bassistes fretless : Jaco PASTORIUS, Pino PALLADINO et Mick KARN. J’adore la justesse mélodique de Pino, la folie et l’inventivité de Mick et tout le reste avec Jaco.
Tu sais, mes trois 1ers coups de cœur, mes gifles, ont été les albums « Machine head » de DEEP PURPLE, un live de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL et le double de Peter FRAMPTON « Comes alive ! ». Donc, à partir de ce constat, on aurait pu penser que ma route musicale était toute tracée. Au contraire, car elle a toujours été parsemée de divers chemins de traverse que je n’ai cessé d’emprunter jusqu’alors.
Je suis généralement très attiré par la fusion des genres. J’ai eu quelques expériences raï avec Fadela & Saraoui, Cheb Kader, Ferhat. Rap avec EJM, The Last Poets, etc…Afro avec Tiken Jah Fakoly, Lulendo, plus tous les autres cités plus haut. Jazz et fusion avec Debora Seffer, Norbert Lucarain, Carl Schlosser…et divers rock et dérivés. Dans les années 1990, je craquais pour des groupes comme Fishbone, 24 7 Spyz, Living Colour…Ah quand les Noirs jouent métal, c’est quelquechose !
J’aurais adoré rencontrer Mozart et Pasto et j’aimerais passer un peu de temps avec un chef d’orchestre pour qu’il me raconte et m’explique son métier. J’ai une admiration sans bornes !

Le matériel, la lutherie
Ø Quels instruments utilises-tu ?
Une basse 4 cordes frettée, dessinée et réalisée par Fred PONS, des ateliers KOPO. En 1994, j’ai craqué sur l’un de ses modèles alors que j’accompagnais Debora SEFFER.
Je joue exclusivement sur le modèle « Luna ». Il est devenu mon instrument fétiche. Je ne suis pas un maniaque du matos et lorsque je trouve une basse qui me convient, je n’ai donc pas besoin de voir ailleurs (ça rappelle des situations plus intimes …).
Christian NOGUERA m’endorse lui aussi depuis maintenant 2 ans. Je le connais également depuis 1994 et il est devenu un ami. Je vais bientôt passer quelques jours chez lui, dans son atelier, pour discuter avec lui des différentes options nécessaires à l’élaboration d’un modèle « signature ». J’ai joué sur une basse Fair-Play pendant quelques temps avec Ashran.

Ø As-tu une basse de prédilection ou est-ce que tu adoptes plusieurs instruments suivant les styles et les fonctions ?
Ma basse Luna l’est devenue. Avec le temps, elle « réagit » selon mes désirs : elle sonne comme j’ai envie qu’elle sonne. C’est un phénomène difficilement exprimable avec des mots mais qui survient, je pense, uniquement lorsque l’on a pratiqué l’instrument longtemps.

Le passé musical, l’évolution
Ø Ton passé musical en tant qu’étudiant vient de quel courant Jazz, classique, autodidacte ?
La 3ème option.

Ø As-tu l’impression de t’être approprié certaines clés dans ton jeu, une façon particulière de traiter une cadence ou un accord, bref comment et par quel moyen as-tu acquis une certaine liberté technique ?
Une façon particulière de penser le rôle de la basse, plutôt. Cet instrument est pilier dans une formation et mon réflexe, lorsque je construis une ligne, est de penser à l’ossature. Tu me diras que cet ordre est logique seulement, il me paraît trop souvent occulté, à mon goût, au profit d’une idée plus « soliste »de la ligne.
Dès lors que l’ossature est en place, il est bon de conserver cette idée maîtresse et de la faire perdurer dans le temps (la transe !) pour, lorsque l’on en sort par une intervention dans les aigus, par exemple, lui donner un relief significatif.

Ø Quelles ont été les marches de ton évolution, ce qui t’a réellement permis d’avancer, certains musiciens, un livre d’étude particulier, la compréhension d’un standard, un déclic personnel, une façon particulière de travailler etc… ?
J’ai commencé la basse en 1980. A l’époque, J.Pierre POLY me donnait mes 1ers cours. Ca a duré 6 mois puis il s’est lassé car j’avais du mal à m’intéresser au solfège. J’ai donc passé 10 ans à ne travailler qu’à l’oreille. Je repiquais les choses qui me plaisaient sur les disques et je me débrouillais (plutôt bien) pour entendre et pour être le plus prêt possible de la vérité.
Cet aspect aléatoire ne pouvait pas durer et, à force de déclics, j’ai fini par comprendre les mécanismes du solfège. Très vite, c’est devenu un jeu et, de fils en aiguilles, j’ai élaboré un 1er essai pédagogique sur la technique du slap, que j’ai présenté à Bruno DESGRANGES (ed.Play-Music, ex. Connection) Ce qui continue de me faire avancer, ce sont les personnes avec lesquelles je travaille, essentiellement. Etant donné la diversité de courants musicaux dans laquelle elles s’inscrivent, je me délecte du fait de pouvoir assouvir cet aspect « fusion » auquel j’aspire tant.

Ø Dans quelle configuration es-tu le plus à l’aise trio, quartet, studio y-a t’il selon toi une formule qui fait passer le mieux ce que tu as à dire ou est ce suivant l’humeur ?
Pas de préférence particulière dès lors qu’avec un bon sens d’adaptation, je parviens généralement à me satisfaire au sein de n’importe quel type de formation.

Ø As-tu un tempo, ton tempo privilégié, lequel ? Qu’elles sont les tonalités que tu apprécies et dans lesquels tu navigues en lieu sur ?
Même réponse que la précédente. Avec, tout de même, un goût particulier pour les tempos médiums (90) et « dance » (120).
Même chose pour les tonalités avec, malgré tout, une sensation de liberté en D majeur, G majeur (et sa relative mineure pour le slap, notamment) etc…mais bon, toutes les couleurs me conviennent finalement.

Ø Sur quel album aimerais-tu que l’on t’écoute ? demain je veux acheter un Cd où tu joues, qu’est ce que tu me conseilles ?
Il y a certes l’album « Blueson Rouge » de Debora SEFFER, aux éditions « La Lichère » mais j’aime beaucoup le 1er album du chanteur angolais et joueur de sanza LULENDO « A qui profite le crime ».
J’aime beaucoup également la compil de bassistes « Basses Influences » Vol. 3. Et à venir, le 2ème album du Chien d’en Face.
En ce qui concerne Ashran, une nouvelle formule est en route (comme je le disais plus haut) et l’album du Trio Neb est prêt. Il n’y a plus qu’à… !
Ø Quelles ont été les grandes récompenses de ton parcours de musicien, ce dont tu es le plus fier ?
Incontestablement le fait de m’être enfin mis au solfège et surtout d’en tirer un bénéfice certain pour les cours, les méthodes, la composition, le travail de relevés, etc…
Vient ensuite la récompense suprême accordée à Ashran en 1994. Gain de la finale nationale du tremplin Yamaha Music Quest et participation à la finale mondiale à Tokyo dans la foulée (gain du Gold Prize).

Ø Est ce que la basse est pour toi l’instrument dédié au groove ou es-tu de ceux qui aiment prendre les chorus et le jeu en accords ?
Je dirais que ma conception du rôle de la basse est qu’il doit être fondateur. A partir de là, l’aspect groove est une résultante de cette conception. En outre, et étant donné l’apport mélodique rendu indispensable aujourd’hui par des gars comme Jaco Pastorius, les chorus (pas le jeu en accords, perso) sont une liberté supplémentaire accordée au bassiste pour affirmer et développer son expression.

Ø Si demain une fée se penchait sur ton berceau, et te donnait la possibilité de jouer avec des musiciens contemporains ou non, avec quelle équipe de rêve aimerais-tu te retrouver ?
En 1995, j’ai eu la chance d’accompagner dans toute l’Europe les fondateurs du langage rap : Jalal Mansour Nourridin et Suleyman El Hadi -The Last Poets- (real team !).
Je peux dire que, grâce à eux, j’ai découvert mon instrument (avant eux, je n’étais pas encore un bassiste !). En effet, tenir une ligne entêtante et dépouillée de notes, car s’inscrivant dans la durée, pendant 10mn, ne peut que m’inciter à camper ce rôle de manière totale. Ils m’ont fait comprendre qu’exposer une ligne dans la durée ne pouvait que favoriser la stabilité d’un morceau et l’ aspect exponentiel de la transe.
Bref, j’aurais aimé les rencontrer…mais c’est fait !!

A côté, je me suis aperçu qu’il n’existait vraiment qu’une personne dont le jeu de basse m’apparaît tellement prévisible, non pas parce que ses lignes sont fades ou téléphonées, c’est le contraire : lorsque je l’entends jouer, je pourrais presque anticiper son jeu tant je ressens les mêmes choses. Cette bassiste, c’est Me Shell N’Degeocello !
Sinon, Jaco…à jeûn…et mes équipes de rêve, j’ai la chance, grâce à mes différents projets, de pouvoir dire qu’elles existent déjà !

La vie du musicien, les conseils
Ø Peux-tu nous décrire une semaine type de ta vie de musicienne, cours, séances répétitions, composition, travail personnel ?
Je me lève tôt (7h en moyenne) et je me mets assez vite sur l’ordi pour, d’abord, répondre à mes mails. Il n’y a pas 2 semaines qui se ressemblent en vérité, entre les répètes, les concerts, les cours et la conception de méthodes (comme en ce moment), les tournées (en ce moment) le taf d’arrangement ou les relevés de répertoires divers, je pioche, c’est un vrai bonheur !

Ø Qu’est ce que tu bosses encore ? la lecture, l’improvisation, le jeu, la composition, les arrangements, la MAO qu’est ce qui encore te fais envie sur l’instrument ?
Tu sais, lorsque j’ai découvert le solfège, il est apparu à moi sous une forme très ludique. C’était un vrai jeu que d’essayer de solfier systématiquement dans ma tête tout ce que j’entendais. Et même si aujourd’hui j’ai trouvé d’autres terrains de jeu, cela n’a pas changé. J’ai toujours le même engouement.
Donc, et pour finir sur ce sujet, je me sers toujours de cet outil pour construire, déchiffrer…sans vraiment bosser de manière scolaire (autodidacte oblige !).
Je passe mon temps à me faire plaisir quand je prends ma basse. J’aime improviser mais je l’ai toujours fait de manière instinctive, sans utiliser aucune règle harmonique particulière, au feeling !
Ceci dit, entre temps j’ai appris ces règles et j’ai tendance à m’en servir, après les avoir assimilées là aussi de manière « instinctive ».
Bref, ce qui me fait envie sur l’instrument aujourd’hui, c’est le fait de pouvoir exprimer mes intentions et mes sentiments dans l’instant.

Ø Quels sont les conseils que tu donnerais aux aspirants bassistes qui te lisent ?
Je ne suis pas pour donner des conseils, en général. Lorsque je discute avec une personne, j’aime que tout se passe dans l’échange des idées. 2 entités différentes ne peuvent que s’apporter mutuellement. Pour exemple, je n’ai jamais autant progressé que depuis que je donne des cours. Il faut répondre aux demandes, donc s’informer et se remettre en question. Par ailleurs, un élève, de par sa personnalité et son expérience, quand c’est le cas, sera également en mesure de répondre à mes propres questions = échange !
Le seul conseil que je me permette est de ne pas lâcher trop vite, la musique est un peu l’école de la patience. Il faut oser aller au bout des choses car le sentiment d’inachevé reste insupportable.

Ø On sait tous que la gestion du quotidien prend énormément de temps sur l’instrument mais te reste t’il du temps pour assouvir d’autres passions ?
Oui et heureusement ! J’aime lire, seulement il peut m’arriver de passer 6 mois de l’année à enchaîner les livres (romans, bios, romans historiques, comme dans la musique, je prends tout…sauf Harlequin… !) et les 6 autres mois à ne pas en ouvrir un seul, c’est comme ça. J’adore cuisiner ! L’harmonie des goûts après celle des sons. Mes amis, le sport, la politique, bref…

Internet, crise du disque , prise de position
Ø La crise du disque, l’individualisme forcé de ceux qui arrivent à vivre de la musique, le formatage des musiques, est-ce que tu penses que la pente est irréversible ou est-ce que tu entrevois des solutions ?
En règle générale, je n’aime pas trop les personnes qui détiennent des monopoles. C’est toujours au détriment d’autrui et rien que cette idée me dérange. A la Sacem, par exemple, une plus juste répartition des droits serait, à mon sens, à envisager de manière urgente. Concernant le formatage, j’ai un réflexe : le recul ! Ma musique, je la décide et permet aux personnes qui m’aident à la créer d’intervenir dans l’élaboration de celle-ci . Pas aux « concernés-de-loin », mauvais conseillers et autres financiers dont le but n’est pas le mien.
L’idée serait que l’on développe encore davantage la scène live. On y rencontre très souvent des artistes hors du commun (c’est pas grâce à TF1, forcément… !) que l’on ne peut voir et entendre que dans ces lieux (toutes les péniches des quais de Seine, notamment). Pour les artistes ayant plus de chance, il y a les festivals, qui peuvent déboucher sur des succès d’estime ou une vraie reconnaissance publique au mieux. Mais tout cela manque de fond(s).
Également développer l’aspect associatif. Ou plus précisément lui donner les moyens de ses ambitions : plus de pouvoirs financiers dans les conseils régionaux pour une plus juste répartition des subventions.

Ø Dans le même genre de question penses-tu qu’Internet est une ouverture de plus pour le musicien ou crois-tu à l’inverse que la toile va nous isoler encore plus ?
Là, je suis assez partagé. J’ai 2 projets que j’aimerais voir décoller. Hors, selon moi, le moyen populaire et gratuit pour pouvoir le faire reste le net ! En effet, quel intérêt ai-je à ne pas diffuser mes chansons, morceaux de musique alors que l’on m’en donne la possibilité grâce au net et sachant le pouvoir d’une diffusion à grande échelle. Et le fait de pouvoir toucher des millions de personnes dans le monde entier élargit le champ des possibles.
En revanche, et dès lors que mes créations demandent un investissement financier conséquent (studio, répètes, etc…) , j’estime pouvoir être rétribué à la juste proportion du travail effectué. Je ne crée pas pour perdre de l’agent même si c’est inévitable au départ. Une protection s’impose donc et une somme indulgente réclamée mensuellement aux téléchargeurs (projet de loi ou loi déjà votée ?) contenterait davantage de monde qu’actuellement.

Ø Sans rentrer dans un haut débat philosophique, penses-tu que le musicien a son mot à dire face aux cris d’alarme que la planète émet un peu partout, réchauffement, conflit, course à la productivité ? Ou penses-tu au contraire que le musicien doit rester dans sa bulle et ne pas pratiquer le mélange des genres ?

Je suis pour le mélange des genres ! Artistiquement, le fait de créer implique une liberté dont chaque artiste dispose. Il en fait ce qu’il veut de cet espace, c’est ça être libre !
Mais je ne peux empêcher cette sensation de fadeur et de superficialité de m’ envahir lorsque j’entends un artiste chanter son désaccord sur tel ou tel sujet d’actualité, chant enrobé d’une bonne couche de formatage et qu’il vend un max de disques parce que le refrain affirme cette opposition sur un ton sucré…je trouve toujours ça suspect.
Mon engagement peut paraître virtuel aux yeux de certains mais, pour moi, il est bien réel ! Il consiste à donner du plaisir. Avant, pendant et après une prestation. Il doit se prolonger dans l’esprit des gens. LE PLAISIR ! Voilà mon engagement humain !

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Message par Timon » 27 déc. 2008, 22:48

J'avais raté cette interview. Décidemment, j'aime beaucoup ce monsieur !

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