Vous allez avoir de la lecture!
La séance suivante, j’ai continué avec la table, j’avais bien tracé ma forme.
Pour m’aider à tracer je dois me servir de la règle que je place sur l’axe et fixe avec un petit serre-joint, (pas fort du tout). Et je vais poser le gabarit sur le côté de la règle pour m’en servir d’appui comme ça je suis sûre qu’il ne bougera pas et d’avoir le bon repère.
Après avoir vérifié tous les traçages, je choisis les mèches pour la perceuse à colonnes en fonction des axes des motifs et de la travée centrale à creuser. Les motifs sont quatre petits cœurs que je viens de tracer sur la table.
Je mets en lien des dulcimers, vous voyez sous la touche en fait il y a une grande travée centrale découpée dans la table mais qu’on ne voit pas du tout.
http://www.sonerezh.net/dulcimer.html
Petit truc : ne pas oublier la « cale martyre » sous la table en perçant pour éviter qu’elle explose, elle est maintenant très fragile à cette épaisseur (et c’est pas fini).
Quand j’ai fini de tout percer, en laissant une petite marge avant ma ligne de cote, je m’en approche le plus possible au ciseau à bois et au scalpel pour les « ouies » en forme de cœur.
Je finis la séance d’après.
La séance d’après, je continue d’abord la travée centrale, que je peaufine au papier de verre en cassant les angles (com’ d’hab au 80 puis 100, 220, 340 etc.)
Puis je m'occupe des cœurs, là je me sers de limes minuscules en acier, des « râpes à galber ou rifloirs » (comme la forme des petites spatules pour sculpter dans la terre glaise pour vous donner une idée). Je finirais quelques séances plus tard.
Après un compliment du maître qui reconnaît le travail accomplit, j’attaque le contour de la table la séance d’après. Je vous résume toutes les séances qui restent .
Séance d’après
Je dégrossis la table au rabot puis avec un rabot que l’on appelle rabot noisette à cause de sa petite taille. Voir le lien ci-dessous :
http://www.gaignard-millon.com/categori ... =&triprod=
Là je m’éclate, c’est super fluide comme geste et le rabot est à ma taille !

c’est hyper agréable de travailler avec ça, ma table prend sa forme en un rien de temps !
Le rabot peut enlever du bois dans les creux des courbes, je finis le fond des courbes avec les petites limes « qui vont bien ». Ca ne parait pas long comme ça, mais je fais presque toute la séance comme ça, j’ai oublié de dire qu’avant le rabot j’ai scié la table au plus près des courbes avec la scie japonaise, qui fait coupe très régulière et fine.
Donc la forme de la table est finie, le maître m’apprends que, par contre, et là je peux vous dire que j'ai blêmi intérieurement, les tasseaux n’étaient pas à la bonne cote.
Il faut bien les retracer et enlever 2mm pour mettre les filets. C’était fait exprès, il fallait avoir la forme finale de la table pour retracer mais cela me fout un coup. Donc je commence à retracer, en partant de l’axe de la table bien évidemment puis je refais la même opération je passe ma ligne de cote au scalpel et je lime.
Bien sûr vu ma joie à la faire, je pars mal (malgré le fait d’avoir conscience qu’il faut que je lime bien perpendiculaire), le bois étant très tendre (je vous rappelle c’est un bout de mon Rebec donc du Cèdre du Liban) et je vais m’en mordre les doigts jusqu’à ce dernier jeudi où j’ai fini la première face.
Je continue la séance d’après :
Et je trime pendant 4 heures sur cette seule et unique face, comme c’est un peu courbe, ce n’est pas facile du tout, n’oubliez pas que je refais la technique, un coup de lime, un coup d’équerre pour vérifier, un coup de craie, de lime et d’équerre ! C’est fastidieux, mais j’y suis arrivée ! Le maître me donne une petite lime à forme triangulaire très plate comme un petit couteau de peinture pour étaler la matière. La surface lime grâce à une multitude de cercles concentriques imbriqués les uns dans les autres et côte à côte également. Bon instrument qui me donne une bonne finition et rattrape bien mes dénivelés. En plus les tasseaux sont à l’intérieur.
La séance suivante qui était la dernière, je finis ma 1ère face et commence la 2éme, là aucun rapport, je commence très bien et je l’ai presque déjà finie ! C’est pour dire la différence !
Mais c’est une pièce majeure à l’instrument ce sont les tasseaux qui soutiennent les éclisses, contre éclisses, donc des pièces majeurs de l’instrument. Tout à son importance bien sûr, mais on peut dire que ce sont les fondations du Dulcimer.
Voilà, maintenant, je suis à jour avec vous, et les résumés seront faits en temps réel !
A la semaine prochaine !!
