Finalement, j'ai oublié de regarder l'émission (
merci, Plume, de l'avoir signalée, ça venait fort à propos) et mon regret est tempéré par le fait que Bruno indique que
"c'était un peu court" et par le fait que la page d'Arte signalée par Plume comporte une mini-interview de
Christian Vander pertinente dans le cadre de notre discussion.
Bruno, j'ai tendance à penser que
"ce qui fait partie de la périphérie d'un groupe" ne peut pas être sans lien avec ce que véhicule le groupe lui-même. Dans cette mini-interview, les 1ères phrases de Vander pour expliquer Magma sont les suivantes :
"Il fallait réveiller les gens. L'idée c'était de sortir d'une ambiance un peu soporifique. Je voyais les gars avec les fleurs, Peace & Love et tout ça."
Bon, le commentaire qu'on peut faire sur cette réflexion diffère selon l'époque considérée. Il me paraît évident qu'aujourd'hui, à une époque où des avions de ligne remplis de passagers peuvent être utilisés comme bombes contre des tours remplies d'autres gens et que d'autres catastrophes de tous ordres font la une des journaux, il n'y a pas grand chose de soporifique ni de gens à réveiller.
Mais même pour l'époque (
à partir de 1969), personnellement je désapprouve la démarche (
pas étonnant, donc, que je n'ai jamais trop aimé le groupe). Je pense même qu'il est bon qu'un certain nombre d'entre nous n'aient jamais cessé de pencher du côté de la démarche
"Peace & Love et tout ça", que si on avait été plus nombreux, ça n'aurait pas été plus mal et je ne trouve pas positif qu'on ait volontairement essayé de déstabiliser ce type de démarche en faisant peur de façon aussi poussée. Il me semble aussi que, comme Bruno en faisait l'hypothèse, il y a une part
"de jeu et de calcul" dans la façon dont Vander a monté tout son dispositif.
Quant à la question plus large que tu poses, Bruno (
"est ce qu'une musique appartient à son auteur ? ou bien à ceux qui l'écoutent et qui en dissertent ou s'en passionnent ?"), elle me semble intéressante mais j'ai du mal à y répondre. Il semblerait logique de dire que la musique
implique tous ces participants, auteur, auditeurs, commentateurs. Mais sans doute pas pour le même type
"d'appartenance".
L'auteur/compositeur en a la paternité dans la quasi-totalité des cas, il en est à l'origine. Est-ce que ça veut dire qu'il est mieux à même d'en indiquer le sens, la généalogie ? Ou est-ce que des observateurs extérieurs sont mieux à même d'analyser des motivations qui sont peut-être inconscientes chez l'auteur ? Je ne crois pas qu'il n'y ait qu'une seule réponse universelle à cette question. Mais peut-être peut-on dire qu'
à partir du moment où il y a beaucoup de débats de nature intellectuelle sur une musique, celle-ci a essentiellement manqué son coup (
l'objectif de toucher le sensible des auditeurs beaucoup plus que l'intellect)... ou qu'elle est avant-gardiste, donc encore incomprise !
Où en est ta réflexion à toi sur le sujet ?