Arrivés devant le Havana Café vers 20h, il y a déjà une foule impressionnante. Mes comparses du groupe arrivent petit à petit, juste le temps de causer un peu de notre prochain concert que déjà les portes s’ouvrent..
Il fait chaud dans la salle, nous passons donc par le bar, puis nous dirigeons vers le milieu de la salle, délimité par la rangée de tables déjà toutes occupées ; le fond de la « fosse ».
La scène arbore en plein milieu l’artillerie EBS de Marcus, juste devant la batterie surélevée. Sur la droite, surélévé aussi, le matériel du clavier, très roots avec une finition genre peau de leopard
Dans un timing parfait, le concert commence alors que notre verre est tout juste vide.
D’entrée de jeu, le ton du groove est donné. Ca envoie sévère. Le batteur joue comme une montre. Un monstre de précision. En s’attardant sur son jeu de batterie, on comprend aisément que Marcus puisse être autant à l’aise. Pas de risque de sortie de route !
Le groupe se compose donc de Marcus à la basse (clarinette basse, clarinette « classique », clavier, chant… il fait tout ce gars là !), Poogie Bell à la batterie, Grégoire Maret à l’harmonica, Patches Stewart à la trompette, Keith Anderson au sax, Bobby Sparks aux claviers.
A partir de ce moment là ; nos corps commencent automatiquement à bouger, chacun se met à danser. C’est comme si nous étions une assemblée de serpents devant un flutiste indien.
Questions titres, je reconnais les classiques tel Panther, dans une version très enlevée (version que j’avais entendu la première fois sur le DVD live), Jean-pierre (Miles Davis), Tutu, mais aussi Boomerang dans lequel Marcus nous gratifie d’une prestation vocale à la hauteur de son talent… ouaouwww…
L’ambiance est sérieuse sur scène, et en même temps des échanges de sourires, de clins d’œil trahissent la complicité qui uni le groupe.
Les discussions à deux instruments sont fréquentes, constructives, avec de beaux unissons. Patches sur Tutu s’efface complètement et tout d’un coup l’âme du grand Miles est parmi nous. Keith au sax, varie les ambiances, du thème sensible à l’improvisation débridée. L’harmonica de Grégoire charme l’oreille avec sa sonorité plutôt inattendue, parfois Steviewonderienne, dans ce contexte jazzfunk. Il se marie très bien avec les cuivres pour former cette section originale.
Poogie nous gratifie d’un solo monstrueux ; tout en brisant le temps, enchainant des syncopes d’un autre monde pendant qu’avec deux notes Marcus garde le tempo du morceau. Le tout pour retomber sur ses pieds sans sourciller et nous gratifier d’une fin « Cut » après laquelle le silence contraste tellement avec le solo de batterie que toute le public chavire.
Last but not least, Bobby assure son rôle avec brio, tantôt présent, tantôt discret, avec des sons très seventies de piano électrique épileptique, d’orgue torturé, de grosse note graves qui nous secouent les trippes lorsque Marcus joue un thème ou un chorus…
Question matos, Marcus joue son modèle signature Jazzbass bien sur, mais aussi une Jazzbass fretless sunburst que je n’avais jamais vue avant (la dernière fois il avait une fretless Fodera). Quelques effets notamment une wha et à un autre moment une auto wha doublée d’un ocatver me semble t’il. Inutile de dire que lorsqu’il a joué avec sa fretless, ça sentait le Jaco…
Un Marcus humble, souriant, qui nous fait applaudir ses musiciens tout au long de la soirée, et qui parle français ! Un bel effort et de jolies phrases pour remercier le public comme « Vous étions super »
Mais c’est déjà la fin du concert, et après deux rappels, Marcus, qui descend dans la salle pour une séance d’autographes et d’échange avec le public, nous laisse à une ultime bière avant de reprendre….. le cours nos vies … dap didap dap didap …


