Salut Alain (
"Docteur ès Lampes 
) !
On repart un petit coup sur le sujet, alors, niak, niak, niak ?
Alain : Lionel, tu penses vraiment que Plume exagère en disant "... la soupe dont on a toujours voulu nous abreuver" ???
A sa place j'aurai été bien plus virulant à l'encontre des médias.
Déjà, comme tu l'as peut-être déjà compris, je me méfie toujours des tirades mettant
"on" en cause. Ce sont des propositions qui alimentent plus que les autres les visions de type "complot" en laissant planer un flou artistique sur ceux dont on parle. Et ce flou empêche de bien comprendre de qui l'on parle. Toi, tu es persuadé qu'il s'agissait des médias qui étaient mis en cause, peut-être parce que tu as toi-même une dent contre eux. Mais était-ce le cas ? Peut-être, peut-être pas, Plume nous le dira éventuellement. En tout cas, il cite opportunément Werber pour faire valoir combien, plus un énoncé est flou, plus il y a de
"difficultés à communiquer". Moi il me semble que si l'on dénonce la mauvaise qualité des musiques proposées, il serait plus logique d'incriminer les producteurs et maisons de disques que les médias.
Mais bon, cela dit, même en étant plus précis et plus pertinent sur les "coupables"', encore faut-il que l'accusation tienne debout. Et c'est d'ailleurs sur ce fond de la question que tu m'interpelles.
Je rappelle le contexte, pour qu'on soit tous bien conscients de ce dont on discute: Plume prétendait
qu'à l'époque, autour de 1969-1971,
"on nous abreuvait de soupe". Je ne sais pas exactement quelle musique tu aimes, Plume, ou quel âge tu as, mais moi j'avais dans les 16-18 ans, ça faisait déjà quelques années que je m'éclatais grave aux Beatles, à toute la pop anglaise que j'avais découvert depuis 1965-1966, et c'était en plus les années (Woodstock) où on se prenait des volées de musique américaine de grande qualité, aussi bien pop, que rock, que jazz. Bref, s'il y a eu une époque que j'ai connu où on n'était
PAS abreuvé de soupe, c'est bien celle-là ! (
ch'uis carrément étonné d'avoir à le rappeler 
). Et si la "soupe" faisait référence spécifiquement à la musique "française", franchement, je ne trouve pas ça très pertinent, la musique n'est pas une compétition où il faut absolument avoir des champions nationaux et l'époque était à l'explosion de la musique anglaise et américaine.
Non, la réalité, c'est que Magma ne s'est pas constitué en réaction à
"la soupe", mais comme je l'ai relevé dans la bouche de Vander lui-même, en réaction, précisément, à toute la musique de l'époque qui nous faisait vibrer, au pop, à la contre-culture
"peace and love", idéologie un peu naïve, c'est vrai, mais tellement fraîche à côté du rouleau-compresseur de la musique industrielle magmaïenne, véhiculant les notions de triomphe de la volonté, de l'élitisme dans un environnement de secte et autres sombres expressions (
la dominante était le noir pratiquement partout), qui sont autant des repoussoirs pour moi aujourd'hui qu'il y a 35 ans !
L'anecdote que tu racontes est frappante et instructive, et à la limite, elle étaye
trop fortement ce que j'avançais ; je suis un peu attristé pour Vander qu'il ait pu réellement délirer à ce point dans cette direction. Mais pas étonné ; cette gaffe est vraiment "raccord" avec une grosse partie de ce que, à mon sens, cette musique véhiculait : une
rage suscitée par la peur de la faiblesse, chez soi et chez les autres ; une
invitation à la transe violente pour transcender cette propension coupable pouvant mener à la veulerie ; une
proposition initiatique, par l'adhésion à un groupe, à un style, par l'apprentissage d'une nouvelle langue ; un
élitisme sectaire sous l'égide d'un chef/gourou qui en est le grand prêtre, capable de faire des prèches redoutables d'efficacité.
Bon, le niveau musical était élevé, l'inspiration était originale ; Vander n'a assassiné personne ni fait d'autre connerie par ailleurs ; personne n'a, à ma connaissance, pété trop fort les plombs après l'écoute de Magma ; Vander fait toujours de la musique, certainement plus apaisé(e) ; donc on n'est pas en train de parler de quelque chose de vraiment
grave. Mais puisqu'on me demandait de préciser ma critique, voilà qui est fait de façon plus détaillée.
