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Le Jazz en déclin ?

Publié : 03 nov. 2005, 14:30
par binuche
Salut,

voici un article paru dans courrier interational cette semaine traitant d'un sujet fort intéressant. Vos réflexions et expériences seront les bienvenues.

C'est un peu long mais pas tant que ça finalement :wink:

France
Quand le jazz est, quand le jazz est las…

L’une après l’autre, les boîtes de jazz de la capitale ferment ou réduisent leur programmation. La crise, les problèmes de transport, mais surtout la fin d’une époque expliqueraient cette désaffection.

Dans les caves parisiennes enfumées, l’âge d’or du jazz n’est plus guère qu’un vague souvenir, à l’heure où les musiciens et les boîtes de jazz subissent de plein fouet les contrecoups de la crise économique. Deux grands rendez-vous du jazz parisien, le Slow et le Petit Opportun, ont d’ores et déjà mis la clé sous la porte et d’autres sont au bord de la fermeture, car les goûts du public évoluent, les amateurs de jazz sont de moins en moins nombreux et la fiscalité est si lourde qu’il revient désormais beaucoup trop cher de faire jouer les musiciens sur scène. Alors que les générations passées se pressaient dans l’atmosphère pittoresque des cafés et des caves de jazz de la capitale, les étudiants et la jeunesse parisienne cèdent désormais plus volontiers à la concurrence des spectacles de techno et de pop industrielle. L’effondrement du pouvoir d’achat des Français et les problèmes de transports nocturnes seraient également responsables de cette crise qui est sans doute la plus grave que le jazz parisien ait jamais connue.

Paris, qui se considère comme la “fille aînée du jazz”, s’est approprié ce genre musical introduit par les soldats américains de la Première Guerre mondiale, en particulier par le musicien noir James Reese Europe, qui, avec ses Hell Fighters, l’orchestre du 369e régiment d’infanterie, ensorcelait les foules. Pendant l’entre-deux-guerres, une communauté florissante de musiciens africains et américains s’est établie à l’ombre du Sacré-Cœur, à Montmartre. Sur les deux rives de la Seine, les spectacles de jazz du Tumulte noir faisaient fureur. C’était l’époque où triomphait la chanteuse et danseuse américaine Joséphine Baker avec la Revue nègre. L’époque où une véritable colonie d’écrivains et d’artistes américains, exilés à Paris et dominés par les figures de Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway et Gertrude Stein, venait l’applaudir en connaisseurs. Le jazz a poursuivi son irrésistible ascension après la Seconde Guerre mondiale, et, de Billie Holiday et Miles Davis à Duke Ellington et Lionel Hampton, la plupart des géants d’outre-Atlantique venaient se produire dans les music-halls parisiens et les boîtes de la rive gauche. De grands musiciens européens, notamment Stéphane Grappelli et Django Reinhardt, se sont également imposés dans le milieu du jazz. Aujourd’hui, les jazzmen constatent avec amertume que la capitale est en train de “perdre son tempo”. Les temps sont désormais plus durs pour les musiciens, qui, jadis habitués à des engagements réguliers, se sont résignés à des périodes de chômage de plus en plus longues. “Les vieux musiciens se retrouvent dans une rue de Pigalle, où ils attendent qu’on vienne les chercher pour un cachet”, explique Rémi Toulon, le talentueux jeune pianiste du groupe Take 3. “Avec un peu de chance, ils voient débarquer un chef de groupe qui a besoin d’un trompettiste ou d’un saxophoniste. Avant, ils avaient du travail tous les soirs. Maintenant, c’est plus dur. Il y a moins de clubs et davantage de bons musiciens.”
Selon Maria Rodriguez, la propriétaire du Baiser salé, la fin des années fastes est relativement récente. “Avec tous les problèmes qu’il y a en France, on comprend les raisons de ce déclin, dit-elle. Dans les années 1970 et 1980, les gens sortaient tout le temps, pour aller écouter pratiquement n’importe quels musiciens, boire un verre et s’amuser. Maintenant, ils vont passer une soirée dans une boîte de jazz comme s’ils allaient au concert. L’ambiance a totalement changé. Les gens ont des rythmes de travail plus réguliers et ils boivent moins. Ici, je me débrouille encore, et je suis assez confiante dans l’avenir, mais je travaille très dur pour tenir.”

Colin Randall
The Daily Telegraph ( Londres )

Re: Le Jazz en déclin ?

Publié : 03 nov. 2005, 15:21
par J C
Sujet plus qu'important ! Le Jazz est une des fondation de pas mal de genre "en vogue" de nos jour. C'est un monde extrement vaste, ayant dejas ouvert ses porte au rockeur, rapeur, DJ, un nombre de déclinaison possible immense, pouvant devier vers TOUT les style, laissant grande part à la sensibilité des musicien (plus ou moin suivant les formation, mais toujours).
Je ne pense pas que le jazz soit en declin, mais ces quelques dernieres decenies ont vu apparaitre bon nombre de genre musical, certain bien plus commercial, donc plus attractif pour les novice et lobotomisé.
A une époque ou on ne pouvait entendre (liste non hexaustive de musique... disont occidentale) principalement que du classique, rock, blues, jazz, le publique etait vaste. mais depuis, des dizaine et des dizaine de genre sont apparu. Forcément, le publique fait son choix et tous n'écoute pas de tout

Mais il est vrai que pour ceux qui ne connaissent pas, il y a les probleme des prejugé (certain croient que ca ne se joue que en big band), musique intello, vieille, ceux qui n'ecoute pas s'immagine incapable d'écouter, alors qu'il ne savent pas que (exemple) Tito Puentes, sur qui ils ont dansé dans le dernier bar à la mode, passe sur TSF....

Je nai pas tout dit car je ne sais pas comment tout dire, mais espere que d'autre commentaire viendront enrichir le mien.


de plus :
binuche a écrit :Dans les années 1970 et 1980, les gens sortaient tout le temps, pour aller écouter pratiquement n’importe quels musiciens, boire un verre et s’amuser. Maintenant, ils vont passer une soirée dans une boîte de jazz comme s’ils allaient au concert.
Je suis complètement pas d'accord !!!! :fftig:

Re: Le Jazz en déclin ?

Publié : 03 nov. 2005, 16:05
par binuche
J C a écrit : de plus :
binuche a écrit :Dans les années 1970 et 1980, les gens sortaient tout le temps, pour aller écouter pratiquement n’importe quels musiciens, boire un verre et s’amuser. Maintenant, ils vont passer une soirée dans une boîte de jazz comme s’ils allaient au concert.
Je suis complètement pas d'accord !!!! :fftig:
C'est pas moi qui dit ça c'est dans l'article. :roll:
@+

Publié : 03 nov. 2005, 17:50
par xumun
le JAZZ en déclin ou PARIS ?
Combien le Verre dans les caves parisiennes?

Publié : 03 nov. 2005, 22:54
par binuche
On ne peut pas nier que les gens vont plus facilement au ciné pour 8 euros qu'au concert pour 6... Le cocooning est passé par là et il n'est plus commun d'aller au concert si on ne connait pas ceux qui jouent. Alors qu'on va au ciné sans trop réfléchir.
@+

Jazz déclin

Publié : 04 nov. 2005, 09:46
par Bruno Chaza
C'est sur !!! Si l'on regarde l' explosion de la fermeture des clubs y'a pas de doute on joue de moins en moins de Jazz dans les endroits réservés.....rien à voir avec ce qui se passait auparavant. Et c'est aussi valable pour la province les grandes villes ont de moins en moins de clubs.....je dirai même que ça ne touche pas forcément que le Jazz énormément des boite dites cabarets ferment, des boites dites rock ferment aussi etc etc ....il n'y apas que la musique en cause là dedans je ne suis pas sociologue mais à mon avis on peut vite trouver des responsabilités ailleurs.....les charges à payer au niveau des employeurs, les cachets, le pouvoir d'achat, l'explosion de culture plus individualiste comme peut l'être Internet etc etc
Néanmoins c'est comme ça, par contre pour le Jazz il est vrai que c'est un peu le fourre tout, il faut voir que ce mouvement est aussi vaste que le mouvement dit rock, il y a un monde entre Led Zeppelin, Police ou The Cure en Jazz c'est pareil entre le dixieland et chet Baker y'a de quoi faire, après c'est une histoire de sensibilité, c'est vrai qu'harmoniquement avec l'enrichissement des accords à outrance on arrive à des especes de morceau hyper chiadés ou la surenchere harmonique laisse une impression de flottement rien n'est défini pas de pont pas d'accord francs colorés etc, de plus comme il faut beaucoup bosser là dedans pour s'y retrouver certains musiciens oublient l'essentiel et privilégient la froide technique au feeling, et on arrive à des paradoxes des gens qui jouent vraiment bien mais sans âme donc là on est plus dans le cadre d'une musique de musiciens mais d'une musique d'instrumentiste....

Publié : 04 nov. 2005, 12:47
par jazzgirl
Je pense aussi que cela ne concerne pas que le jazz mais toutes les musiques et la culture en général. Quand une société va mal c'est la culture qui trinque! On la censure moralement et financièrement, arrétés préfectoraux interdisant de jouer à tel endroit, à tels décibels. Les patrons de bars où il y a de la musique sont légions à fermer ou à avoir des problèmes de voisinage... et bien sùr au lieu par exemple de donner une subvention pour faire des travaux d'insonorisation on leur donne des amendes!!! Minimum 300 euros jusqu'à...la ruine. Maintenant ce sont les gros lieux culturels qui raflent toutes les subventions, l'Opéra de Paris a minimum 80% du montant total de la subvention allouée à l'ensemble de tous les opéras nationaux de France!!! (oui vous lisez bien ) Le reste des maisons se partage les miettes...
Et ceci seulement pour ce genre de musique, j'imagine bien que la Comédie française doit tout rafler aux autres théâtres etc... alors le pauvre petit jazz peut bien aller retourner dans la rue avec sa copine la java....

Publié : 04 nov. 2005, 14:01
par xumun
j'ai un ami qui est musicien professionnel, pianiste de jazz, et qui s'est exilé pendant 2 ans à marseille. la déprime totale, en deux il a réussi à jouer 2, 3 fois. heureusement il en a profité pour faire un grand disque humanitaire.
aujourd'hui il est retourné dans sa région à Annecy et se retrouve surbooker. il n'arrête pas de tourner tellement qu'il ne peut assumer de l'enseignement (souvent porte de survie pour bon nombre de musicos).
là où je rejoins jazzgirl c'est sur le contexte dans lequel on se trouve et le fait que quand la société va mal, la culture trinque. Annecy est une région gavée de musiciens, la proximité de la suisse, le niveau économique, le pouvoir d'achat n'est plus le même, les gens sortent plus facilement, dépensent plus, s'éclatent dans la culture...
nous on nous dis quoi en ce moment, on nous dis de se serrer la ceinture, de faire des efforts, de travailler plus, on est taxé à mort et en prime on a une dynamique culturelle nulle.

Publié : 04 nov. 2005, 14:05
par binuche
xumun a écrit : nous on nous dis quoi en ce moment, on nous dis de se serrer la ceinture, de faire des efforts, de travailler plus, on est taxé à mort et en prime on a une dynamique culturelle nulle.
Que veux tu dire par taxé à mort ?
@+

Publié : 04 nov. 2005, 15:16
par jazzgirl
.[/quote]

Que veux tu dire par taxé à mort ?
@+[/quote]

Peut-être du genre: pour la taxe d'habitation on est paye selon le logement, la commune et le département ET selon nos revenus, donc on paye deux fois les impots sur les revenus... n'est-ce pas être "taxé à mort"... :evil:

Publié : 04 nov. 2005, 15:39
par binuche
Je vais sans doute en facher certains mais je pense que le niveau de conscience d'une démocratie se mesure en grande partie grace au discour que les citoyens tiennent sur leurs impôts.

:z5a:

Le but des impôts est important, on peut plutôt critiquer la manière dont on les utilise. Ca me dérange pas d'en payer. J'aime moins l'allocation qu'on en fait. On veut nous faire gober une baisse d'impôts depuis quelques années alors que ce n'est qu'un transfert vers les régions.
@+

le jazz

Publié : 04 nov. 2005, 15:57
par Luc
je ne suis pas un amateur invétéré de jazz mais j'ai grandi en écoutant ce qu'écoutaient mes parents : jazz à fip et vinyles...
donc le jazz a résonnance particulière pour moi et je suis sensible son évolution qui ne va pas dans le bon sens.
les boîtes ferment et ce qui m' a frappé dans le commerces c'est la taille des étalages de cd jazz qui s'est réduite de façon spéctaculaire en qq années.
Comme ce que je pense a déjà été dit , je n'ai plus rien a dire... :) :wink:
Quand Xumun parle de taxes, je pense qu'il fait référence à la baisse du pouvoir d'achat constaté depuis qq années, cela place les loisirs comme du luxe, la musique live y compris.

Publié : 04 nov. 2005, 18:36
par Jean-Marc
Perso, j'aime ce que le jazz est devenu dans certaines "sous-catégories" : l'electro-jazz, le trip-hop, le lounge. Ce sont des musiques bien actuelles, qui donnent envie de danser tout en étant "classe", plus accessible à l'oreille de beaucoup.

Sinon il y a plein de trucs en jazz qui m'emmerdent prodigieusement, passée les premières minutes. Mais c'est un avis perso.

BizzZZZ

Publié : 04 nov. 2005, 19:25
par xumun
binuche a écrit :
xumun a écrit : nous on nous dis quoi en ce moment, on nous dis de se serrer la ceinture, de faire des efforts, de travailler plus, on est taxé à mort et en prime on a une dynamique culturelle nulle.
Que veux tu dire par taxé à mort ?
@+
tu as sans doute compris!
si tu trouves logique, la logique les impôts indirects (TVA) moi pas !
ceci dit on sort du sujet et ct au fil de la discussion que g rajouté ce petit plus...
:arrow:

Publié : 07 nov. 2005, 18:58
par Thomas
Ce n'est jamais réjouissant de voir des clubs fermer ! :cry:
Pour moi, je pense que ce n'est pas tant une désafection pour le jazz, qu'un changement de pratiques culturelles.
O.K les clubs galèrent mais entre temps je ne pense pas me tromper en disant que les festivals de Jazz sont de plus en plus nombreux et fréquentés, alors peut-on dire que de moins en moins de personne aiment le Jazz ?
Ce qui est clair c'est que l'ensemble des politiques touchants ce domaine (santé avec la répression de l'alcool, statut des intermitants, taxes et mises aux normes des batiments) non pas favorisés ce genre d 'initiatives.
Sur le plan sociologique, j'ai aussi l'impression que le français est beaucoup moins dans une logique d'appartenance à un groupe, beaucoup deviennent généralistes dans leurs goûts et rationnalistes dans leurs dépenses il me semble. Mais il est trés difficile d'être avisé sur la question.
En fait, je pense qu'il ne faut pas confondre la question d'affection avec la question économique parce que la Vie est une question de priorité comme le dit la pub mais comme le dit le porte monnaie aussi. :lol: